Où partent vraiment les Français en 2024 (et ce qui a changé)

Où partent vraiment les Français en 2024 (et ce qui a changé)

Le mois dernier, une amie m’a annoncé qu’elle partait trois semaines au Japon. Trois semaines. En 2019, elle serait partie une semaine à Barcelone comme tout le monde. Ce petit changement, il dit beaucoup de ce qui se passe côté voyages en ce moment.

Parce que oui, les Français voyagent toujours autant, mais pas de la même façon.

Le grand retour de l’Asie (et pas que le Japon)

Après des années où l’Asie était plus ou moins fermée ou compliquée à atteindre, la région redevient LA destination longue distance qui fait rêver. Le Japon truste toutes les listes de souhaits, ça surprendra personne, mais on voit aussi remonter le Vietnam, la Thaïlande côté nord, l’Ouzbékistan (oui oui) et même la Corée du Sud qui n’a jamais autant attiré. Les projections pour 2026 confirment la tendance : les longs courriers repartent fort, avec l’Asie et l’Amérique latine en tête.

Le truc c’est que le yen faible a clairement joué. Partir au Japon coûte aujourd’hui à peine plus cher qu’une semaine en Grèce en pleine saison, hors billet d’avion. Difficile de résister quand on met ça en balance.

Où partent vraiment les Français en 2024 (et ce qui a changé)

Slow travel, vraiment ?

On en entend parler depuis cinq ans, et honnêtement, on avait un peu envie de dire « ok, ça suffit ». Sauf que là, les chiffres commencent à suivre le discours. Les séjours d’une semaine minimum sont en hausse, les city breaks de 3 jours en avion low-cost s’essoufflent, et les Français plébiscitent de plus en plus les destinations où l’on reste posé.

Ça se traduit par un vrai boom des locations de maisons en zone rurale, du tourisme itinérant (le train de nuit, encore lui), et des séjours mono-destination. On ne fait plus « Rome + Florence + Venise en 5 jours ». On fait juste Rome. Ou juste la Toscane. C’est franchement une bonne nouvelle, autant pour les voyageurs que pour les habitants des villes saturées.

La France, encore et toujours

Malgré cette envie d’ailleurs, la première destination des Français en 2024 reste… la France. Sans surprise. Une étude récente sur les projets de vacances d’été le confirme : entre les contraintes budgétaires et l’envie de simplicité, l’Hexagone garde une longueur d’avance. La côte atlantique tire son épingle du jeu, la Bretagne aussi (l’effet « climat plus supportable » commence à peser), et la montagne en été gagne du terrain de façon assez nette.

Perso, je trouve que c’est le vrai signal faible à surveiller. Les stations qui bossaient à 90% sur l’hiver commencent à voir leur été devenir aussi rentable. C’est un basculement qu’on n’aurait pas imaginé il y a dix ans.

Budget serré, arbitrages violents

Faut pas se mentir, l’inflation a laissé des traces. Une bonne moitié des Français dit devoir arbitrer entre partir moins longtemps, partir moins loin, ou carrément ne pas partir. Les familles avec enfants sont les premières concernées. Résultat : on voit exploser des trucs qu’on n’attendait pas forcément, comme l’échange de maisons, le camping haut de gamme (le fameux « glamping »), ou les vacances chez la famille assumées comme un vrai choix et plus comme un pis-aller.

Côté loisirs en général, cette logique se retrouve partout : on cherche des expériences qui offrent beaucoup pour un budget maîtrisé. C’est un peu la même mécanique qui explique le succès des plateformes de divertissement en ligne comme la plateforme Casino Extra, qui misent sur l’accessibilité plutôt que sur l’événementiel coûteux. Bref, on veut du fun sans se ruiner, que ce soit en voyage ou ailleurs.

Les destinations « anti-foule » qui montent

Face au surtourisme dénoncé à Venise, Barcelone ou Amsterdam, un vrai réflexe se dessine chez les voyageurs français : chercher des alternatives moins connues. Les Açores plutôt que Madère. L’Albanie plutôt que la Croatie. La Slovénie plutôt que l’Italie du nord. Le Monténégro, la Géorgie, la Roumanie… autant de destinations qui, il y a cinq ans, semblaient réservées aux baroudeurs, et qui débarquent aujourd’hui dans les brochures des tour-opérateurs classiques.

Le paradoxe évident, c’est qu’à ce rythme, ces « alternatives » vont devenir les prochaines destinations saturées. Mais bon, c’est un autre débat.

Ce qui a changé côté mobilité

Petit détail qui n’en est pas un : le train. Les données parisiennes sur les déplacements de 2024 montrent une bascule assez nette vers les mobilités douces et le rail, y compris pour les départs en vacances. Le train de nuit, qu’on croyait mort en 2016, affiche des taux de remplissage qui feraient pâlir n’importe quelle compagnie aérienne. Paris-Berlin, Paris-Vienne, Paris-Barcelone : les lignes se multiplient et les réservations partent des semaines à l’avance.

Est-ce que ça va durer ? Difficile à dire. Le train reste plus cher que l’avion low-cost sur beaucoup de trajets, et tant que ce sera le cas, la bataille sera dure. Mais l’envie est là, et c’est déjà énorme.

Reste à voir ce que 2025 confirmera, ou pas.